DEVINEZ QUOI!

Aujourd'hui j'ai pris un train à monorail!

ET DEVINEZ QUOI!

Ça fait aucune différence.

Néanmoins, il m'est arrivé toute une aventure dans ce train en partance de Tokyo, direction Urawa-Minami. Encore une fois ça na pas dure plus de 30 secondes. Je suis assez forte pour les micro-anecdotes racontées sur des dizaines de lignes.

Bon alors quai de gare complètement bondé, comme d'habitude. Les portes s'ouvrent, tout le monde s'engouffre, on se dit des "sumimasen" à tort et à travers parce que veut veut pas, on est quand même pratiquement embarqués sur les pieds de ses voisins. Et c'est là! À ce moment!

J'ai croisé le regard d'un Japonais. Un Japonais inconnu là. Et c'est pas fini! Il a prononce gentiment les mots "Konnichi-wa"!

J'etais jetée par terre.

Chers Quebecois, vous ne pouvez pas réaliser à quel point vous êtes chanceux de prendre vos racines dans une communauté aussi chaleureuse que la nôtre avant d'être venus faire un tour au Japon. Jamais je ne m'étais aperçu que le "eye-contact" était aussi essentiel à ma survie. Ici, tout le monde regarde ses pieds, et si j'attise un peu la curiosité, les regards fuient dès que je les repère.

Tomoki me disait lui-même que les hommes nippons sont très timides, et que dans les lieux publiques, la posture "tête rentre dans les épaules et admire le carrelage" était des plus populaires chez la gente masculine. Les Japonaises dérogeraient vaguement à la règle, mais le tas de règles de politesse quasi-protocolaire à appliquer en cas de rencontre décourage souvent ce genre d'initiative.

Enfin bref. L'anedote prend sa saveur quand on sait qu'immediatement Kazuko-chan s'est retournée et a lancé un sacre regard au mec (elle est assez forte la-dedans, vous aurez compris), du genre qui dit :

- Non mais t'as pas honte? Aussi bien lui sauter dessus directement, ca reviendrait au même. Malotru, va.

Mais le mec m'a quand même dit Konnichi-wa quand je suis sortie. J'oserais dire qu'il vit dangereusement.

Il faut dire que jetais craquante avec mon sac Fruits Basket et mes paquets de chez Tutuanna*. Voyez le genre de choses auquel je suis perpétuellement confrontée :

TUTUANNA*

BLACK LABEL SOCIETY

ENJOY YOUR SOCKS LIFE

J'ai quand meme le droit d'avoir peur non? Un magasin grand comme le Simons (le Simons en construction a Place Ste-Foy évidemment, pas le minuscule d'auparavant) qui ne vend que des chaussettes et ses produits dérivés, ca donne vachement le tournis (et par la même occasion une légère nausée).

Et je vous ai pas encore parle des H&M. Si je vous dit "hangars à avion", ca vous donne une idée?

P.S. Histoire de donner de vraies nouvelles, demain je déménage dans ma première famille d'accueil; la famille chez qui je résidais cette dernière semaine est en fait celle que j'aurai en mai et juin. "Là où tout a commencé, là où tout finira", un kakigori a la pastèque à celui qui me trouve d'où vient cette réplique. Après-demain, fini les vacances, je commence l'école. Si Dieu le veut vous aurez des photos de moi avec mon uniforme.

P.P.S. Ilhar, Stranih, Farang, je ne veux pas être la seule a polluer ce blog! Et surtout j'ai envie de lire vos aventures, tout comme nos milliers de fans en délire!